Le Québec
La composition des premières armoiries du Québec (1868) utilisait les fleurs de lis pour souligner l'origine française de la majorité de la population, le «léopard», ou lion passant or sur fond rouge pour rappeler les liens du Québec avec la Grande-Bretagne et, finalement, un rameau de trois feuilles d'érable, la feuille d'érable étant décrite comme un symbole propre au Haut et au Bas-Canada.
À la suite de diverses propositions exprimées, le gouvernement se dota en 1939 d'armoiries reflétant l'histoire politique du Québec: le régime français (fleurs de lis or sur fond bleu), le régime britannique (léopard or sur fond rouge) et la période canadienne (rameau de feuilles d'érable). Il est à noter que, contrairement aux usages suivis par les autres membres de la fédération canadienne, le Québec se dota d'armoiries sans avoir recours aux autorités britanniques.
La devise du Québec
" Je me souviens "
Sa signification
En l'absence de textes où Eugène-Étienne Taché expliquerait ses intentions, c'est en se plaçant dans le contexte où il a créé cette devise qu'on peut en comprendre la signification. Taché a conçu la décoration de la façade de l'hôtel du Parlement comme un rappel de l'histoire du Québec. Il en a fait un véritable Panthéon. Des bronzes y représentent les Amérindiens, les explorateurs, les missionnaires, les militaires et les administrateurs publics du Régime français, ainsi que des figures du Régime anglais, comme Wolfe, Dorchester et Elgin. D'autres éléments décoratifs évoquent des personnages ou des épisodes du passé et Taché avait prévu de l'espace pour les héros des générations à venir. La devise placée au-dessus de la porte principale résume les intentions de l'architecte : Je me souviens... de tout ce que cette façade rappelle.
En concevant en 1883 les plans du Palais législatif de Québec (aujourd'hui l'Assemblée nationale), Eugène-Étienne Taché (1836-1912), architecte et sous-ministre des Terres de la Couronne, fit graver dans la pierre, sous les armes du Québec qui apparaissent au-dessus de la porte principale du parlement, la devise "Je me souviens". Elle fut utilisée et désignée comme la devise du Québec durant plusieurs décennies. L'adoption en 1939 de nouvelles armoiries du Québec sur le listel desquelles elle figure, raffermit son caractère officiel.
Le drapeau
Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place de l'Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l'Assemblée nationale. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de « drapeau officiel du Québec ».
Officiellement donc, le drapeau du Québec n'a qu'un demi-siècle. Cette jeunesse n'est cependant qu'apparente. En réalité, les éléments et les couleurs du drapeau sont présents en Amérique depuis des centaines d'années.
À partir du moment où Jacques Cartier utilise la fleur de lis comme emblème en terre d'Amérique jusqu'à la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne, nombre d'étendards ou de pavillons se sont succédé sur le territoire du Québec.
Les représentants du roi et les miliciens ont arboré des drapeaux qui comprenaient un, deux ou même trois éléments qui allaient finalement se retrouver, quelque trois cents ans plus tard, dans la composition du drapeau québécois.
La fleur de lys
La fleur de lis, un des plus anciens emblèmes
La fleur de lis qui apparaît sur le drapeau du Québec est l'un des plus anciens emblèmes du monde. Trois mille ans avant notre ère, on l'utilisait déjà chez les Assyriens comme emblème ou motif décoratif. On la voit ensuite en Inde, puis en Égypte, en Grèce, à Rome et en Gaule. Certains l'ont fait dériver de l'iris, fleur jaune qui croissait sur les rives de la Lys, cours d'eau de Belgique. D'autres y reconnaissent un trident ou une pointe de flèche.
Lors de son sacre en 1179, Philippe Auguste, roi de France, reçoit la bannière fleurdelisée qui l'accompagnera dans toutes ses campagnes militaires.
Créé en 1563, le drapeau des Gardes françaises, l'un des plus anciens régiments.
Le territoire
L'iris verticolore
Adoptée à l'automne 1999, la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec consacre l'iris versicolore (Iris versicolor Linné) comme nouvel emblème floral québécois.
Par la variété et l'harmonie des couleurs de sa fleur, l'iris versicolore illustre parfaitement la diversité culturelle du Québec. Il souligne par ailleurs l'importance de l'eau et des milieux humides pour l'équilibre de la nature.
Le harphang des neiges
Le plus imposant hibou du nord n'est pas le plus familier des oiseaux du Québec, mais il est sans contredit l'un des plus beaux d'Amérique.
En 1987, l'Assemblée nationale lui conférait le titre d'emblème aviaire du Québec. Le harfang symbolise la blancheur des hivers québécois, l'enracinement dans un climat semi-nordique et l'extension sur un très vaste territoire.
Le bouleau jaune
Pour souligner l'importance que les Québécois et les Québécoises vouent à leur forêt, le gouvernement du Québec a choisi le bouleau jaune (Betula alleghaniensis Britton) comme arbre emblématique.
Familièrement appelé « merisier », le bouleau jaune, en plus d'être l'un des bois nobles les plus connus au Québec, se distingue par la variété de ses usages et par sa valeur commerciale.
Des premiers temps de la Nouvelle-France jusqu'à nos jours, le bouleau jaune a toujours été présent dans le quotidien des Québécois. Ceux-ci ont appris à le travailler pour en tirer des meubles et, l'automne venu, tous admirent les couleurs de son feuillage.
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